Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Traduction de la conférence du député Jamal Zahalka au Caire

La révolte d'octobre 2000

La seconde Intifada s'est déclenchée en automne 2000 au moment où la direction palestinienne subissait un encerclement politique parce qu'elle avait refusé les conditions américano-israéliennes à Camp David. Bill Clinton et Ehud Barak ont fait porté la responsabilité de l'échec de la conférence de Camp David au président Yasser Arafat lui-même, et du coup, les porte-voix de la propagande israélienne ont prétendu qu'il n'y avait pas de partenaire palestinien pour la paix. D'autre part, des tentatives internationales de pression sur la direction palestinienne ont été exercées pour l'amener à accepter une solution amputée telle que l'envisagent les conditions israélo-américaines.

L'Intifada s'est déclenchée pour exprimer son refus de l'occupation et d'une solution injuste, et notamment parce que ce qui était proposé n'était pas une solution intérimaire basée sur la logique : "prends et revendique", mais une solution définitive qui décide du sort du peuple palestinien et de sa question nationale, de façon définitive. L'Intifada est venue pour défendre al-Aqsa, sur laquelle Barak et Clinton voulaient imposer des concessions palestiniennes concernant sa souveraineté. Et après la visite provocatrice d'Ariel Sharon sur son esplanade, les volcans de la colère ont explosé, et les manifestations de protestation palestiniennes ont été réprimées par les balles, faisant des dizaines de martyrs.

La réaction des masses arabes à l'intérieur de la ligne verte a été forte et rapide, une grève générale a été proclamée, et des manifestations de colère ont eu lieu, où les masses ont exprimé leur solidarité aux côtés du peuple palestinien sous occupation. Il s'agissait d'une révolte populaire jamais vue auparavant dans l'histoire de la minorité palestinienne à l'intérieur d'Israël. 13 martyrs sont tombés dans la révolte d'octobre 2000, il y a eu des centaines de blessés et des centaines ont été arrêtés. Il est apparu au grand jour que l'Etat qui se proclame "la seule démocratie au Moyen-Orient" se comporte avec ses citoyens démunis comme des ennemis qu'il faut réprimer, qu'il est même possible de tuer s'ils sortent et manifestent pour une cause nationale. Il est devenu clair que le comportement de l'Etat hébreu avec les Arabes n'est plus simplement une question de discrimination, mais il ne les considère pas, en temps de crise, comme des citoyens.

La révolte des masses arabes à l'intérieur d'Israël en octobre 2000 témoigne clairement, nettement et fortement de la réaction de ces masses avec leur peuple palestinien qui se trouve sous occupation, et avec la glorieuse intifada. La révolte a attiré l'attention du monde arabe sur la cause des "Arabes de 48", de façon générale et il est devenu clair, pour les Palestiniens et les Arabes qui possèdent une vision politique perçante, que le million de Palestiniens de l'Intérieur ne peut plus être ignoré, et qu'il fait partie de la question palestinienne dans toutes ses dimensions. Il était naturel que les questions sur la situation et le rôle des Palestiniens de l'Intérieur soient posées plus massivement qu'avant, en ce qui concerne la question palestinienne, leur attitude vis-à-vis de la résistance, des règlements politiques proposés et les conséquences de tout cela sur leurs conditions de vie et leurs activités politiques.

La position vis-à-vis de la résistance

Toutes les directions, tous les partis et tous les mouvements nationaux de l'intérieur ont été l'objet d'une incitation haineuse à cause de leurs positions vis-à-vis de la résistance palestinienne et à cause de leur relation avec le mouvement national palestinien. Suite à cette incitation, des lois spécifiques ont été votées contre ce qui a été appelé "la tolérance envers le terrorisme", pour tenter de museler les voix de tout ce qui touche à la résistance à l'occupation. Certaines de ces lois ont même posé des conditions à la participation politique aux élections parlementaires. Après la révolte d'octobre 2000, surtout, le degré d'incitation raciste envers les citoyens arabes et le degré des poursuites politiques contre leur direction et leurs partis politiques ont été élevés. Le point culminant de ces poursuites a été atteint lorsque le député Azmi Bishara a été convoqué au tribunal pour "soutien au terrorisme" et que les dirigeants du mouvement islamique ont été arrêtés accusés de "fournir un soutien au mouvement Hamas". Et lors des dernières élections parlementaires, une tentative a été faite pour empêcher le parti du Rassemblement National démocratique de se présenter aux élections, sous le prétexte qu'il nie l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif et qu'il soutien le terrorisme contre cet Etat.

L'état de réaction et de soutien de la part des Palestiniens à l'intérieur de la ligne verte avec leur peuple palestinien qui vit sous le feu de l'occupation et qui lui résiste, est tributaire de leurs conditions de vie, des conditions politiques et de l'évolution de la situation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Alors que cette réaction avait atteint son point culminant au début même de l'intifada, avec la révolte d'octobre 2000, elle a pris ensuite des formes différentes de solidarité, populaire et politique, avec les secours humanitaires, les manifestations, les marches, les grèves, les réunions populaires, les campagnes d'information et les positions politiques. Les autorités israéliennes et leurs porte-voix de la propagande insèrent cette solidarité dans la case du terrorisme, essayant de la délégitimer, de l'encercler et même de l'interdire. Même les secours et les aides en provenance de l'intérieur sont considérés par Israël comme un soutien à ce qu'Israël appelle le terrorisme. L'arrestation du mouvement islamique a eu lieu parce qu'il apporte son soutien aux orphelins, aux veuves et aux familles démunies, et cette direction (du mouvement islamique) est jugée aujourd'hui parce qu'elle est accusée de soutenir le Hamas.

Ce qui suscite le plus l'exaspération d'Israël est l'attitude qui affirme que le peuple palestinien a le droit total de résister à l'occupation. Tous ceux qui affirment ces paroles sont l'objet de la pire incitation, de poursuites et de tentatives de délégitimer leur activité politique. Pour la première fois dans l'histoire de l'Etat hébreu, un député du parlement a été convoqué au tribunal à cause de ses déclarations politiques. Le député Azmi Bishara a été convoqué parce qu'il avait déclaré qu'entre la guerre générale et la soumission aux conditions américano-israéliennes, il y avait certainement une troisième voie qui est la résistance, et qu'il faut élargir l'espace politique qui permet de développer la résistance. Suite à la présentation du chef d'accusation contre le député Bishara, des lois ont été promulguées empêchant la participation aux élections parlementaires à quiconque soutient ou tolère ce qui s'appelle "le terrorisme et la violence contre l'Etat d'Israël".

La position vis-à-vis de la résistance ne s'appuie pas seulement sur l'appartenance au peuple palestinien et la réaction avec sa cause, mais également sur le droit international, et notamment la convention de Genève qui affirme le droit à la résistance d'un peuple sous occupation. Nous avons été contraints parfois à ce qui s'apparente à ruser avec la loi israélienne en disant : un, tout peuple vivant sous occupation a le droit de résister à l'occupation, deux, le peuple palestinien est sous occupation, trois, la conséquence logique est un et unique".

Malgré notre soutien de principe et de longue durée à la résistance et à l'Intifada, nous aovns toujours affirmé qu'il faut que la lutte contre l'occupation soit dans les limites de la raison et de la morale, et nous avons lancé des appels, et parfois des cris, sur la nécessité de construire une stratégie de lutte unifiée et la constitution d'une direction unifiée palestinienne de l'Intifada, d'organiser la résistance et de contrôler l'effet de la lutte selon l'intérêt national palestinien, pour servir les buts définis de l'Intifada, et nous avons mis en garde pendant tout ce temps contre l'anarchie, l'absence d'horizon politique, de stratégie claire de l'action, affirmant en même temps le droit, mais aussi, le devoir du peuple palestinien à résister à l'occupation.

Parallèlement à l'incitation et à la poursuite politique, l'institution israélienne et ses porte-voix de la propagande ont tenté de jeter le doute sur la direction, l'accusant de négliger les questions de la vie quotidienne des citoyens arabes. Cette institution a dépêché ses collaborateurs et ses aides parmi les Arabes pour qu'ils répètent ces accusations, afin d'ébranler le statut des mouvements nationaux à l'intérieur de la société arabe, et les éloigner de la politique en général. En réalité, ce jeu hypocrite et démagogique n'a pas réussi car nos masses savent très bien que les forces nationales sont les seules à défendre leurs droits de tous les jours, et que cela n'est pas en contradiction avec l'action politique nationale.

Des voix éparses se sont élevées également dans notre société pour accuser les directions et les partis arabes d'être responsables de ce qui se passe, leur demandant d'agir avec plus de raison et de pragmatisme, ce qui est une façon d'innocenter le pouvoir et d'accuser la victime. Certains ont levé le slogan "nous voulons une direction qui protège les gens et non une direction qui se protège par les gens", signifiant que si Israël arrête et juge les directions politiques arabes, les gens doivent s'en éloigner car elles ne peuvent plus les protéger mais elles demandent plutôt que les gens les protègent. Les auteurs de ces opinions étranges essaient d'ignorer les raisons de ces poursuites par les autorités israéliennes des dirigeants et des partis politiques, n'est-ce-pas parce qu'ils défendent les droits des gens et leur question nationale ? Le pragmatisme est réclamé mais non pas au dépens des positions de principe. Il n'est pas possible que des partis ou des personnalités qui se considèrent nationaux attaquent ceux qui sont victimes des poursuites par Israël, parce qu'ils ont affirmé leurs positions, sans peur et sans concessions.

Les conséquences du règlement sur les Palestiniens de l'Intérieur

Un débat s'est déroulé parmi nous sur la façon de poser nos problèmes dans le cadre des négociations en cours. Alors que certains se sont plaints que les négociations ne prennent pas en compte nos problèmes, et que personne ne nous fait participer aux négociations, il y a un autre avis qui considère que les négociations actuelles se déroulent dans le cadre d'un rapport de force favorable à Israël, et que poser nos problèmes sur la table des négociations mènera à des concessions sur nos droits et non pas à leur consécration. Mais la question est que toute négociation proposée touche notre réalité et notre avenir, et surtout d'une manière négative. Nous avons dès lors une seule exigence du négociateur palestinien : si tu ne peux pas nous aider, le moindre mal est que tu ne fasses pas des concessions sur nos droits.

De toute façon, toute négociation, toute initiative ou toute discussion sur une négociation nous intéresse directement car nous sommes une partie vivante du peuple palestinien et sa cause est la nôtre aussi, et toutes les implications de la cause nous intéressent et ont une influence sur nous et notre réalité, que ce soit directement ou indirectement. Même si nous ne mesurons pas notre attitude envers les propositions de règlement en fonction de leurs influences sur nous seulement, mais sur l'ensemble de la question palestinienne, mais nos questions sont également une partie de la question nationale palestinienne, qu'il faut prendre en compte, pour déterminer l'attitude envers toute initiative, tout document politique, tout accord virtuel ou réel. Les questions les plus importantes qui ont des retombées directes sur notre situation sont les suivantes :

1 - La question des réfugiés : Il y a à l'intérieur près d'un quart de millions de réfugiés qui ont été expulsés de leurs villages et villes en 1948, qui vivent dans les villages et villes arabes, en Galilée, le Triangle, le Naqab et la côte. Nous revendiquons depuis toujours le retour à leurs villages et villes, et nous menons une lutte de longue haleine sur cette question, sur les plans politique, populaire et juridique. Les réfugiés de l'Intérieur et leurs comités organisés ont exprimé le refus de démanteler le droit au retour car cela touche leurs droits fondamentaux, et poignarde en profondeur leur exigence de retourner à leurs villages d'origine. Accepter de démanteler ce droit, par une partie palestinienne, arabe ou internationale, donne à Israël le prétexte supplémentaire pour fermer complètement ce dossier.

2 - La question des fronitères Ces derniers temps, il y a eu plusieurs discussions à propos du rattachement de villages et de villes arabes proches de la ligne verte aux régions de l'Autorité palestinienne, et pour les Israéliens, cette tentative remplit trois objectifs : 1 - en finir avec le maximum d'Arabes dans le cadre du règlement, à partir des considérations du cauchemar démographique sioniste, 2 - Affaiblir la minorité arabe palestinienne de l'intérieur, 3 - Rattacher des régions convoitées par Israël comme les blocs de colonisation, la ville d'al-Quds et ses environs, en les échangeant avec des villages et des villes arabes. La position des forces nationales vis-à-vis de ce projet est le refus de rattacher les blocs de colonies et la ville d'al-Quds à Israël, et de ce fait, le refus de la logique de l'échange d'al-Quds par Umm al-Fahm. De plus, la proposition israélienne concerne le rattachement (à l'Autorité palestinienne) des villages et des villes sans leurs terres, et cela est évidemment refusé. De plus, on parle d'une proposition conditionnelle dans le cadre d'une solution politique future, dont personne ne sait quand elle aura lieu, mais le simple fait de la proposer est une tentative de toucher notre citoyenneté et de mettre des points d'interrogation sur cette citoyenneté, donc un point d'interrogation sur la présence dans notre pays, sur nos droits et nos intérêts, non seulement aujourd'hui, mais dans l'avenir également.

3 - La judaïté de l'Etat Israël ne se contente plus de sa reconnaissance par les Arabes, il veut également qu'il soit reconnu en tant qu'Etat Juif, et une patrie nationale des Juifs. Cette exigence, dans sa forme directe et claire, est nouvelle dans le discours politique sur le conflit israélo-arabe. Les Etats-Unis ont entériné cette exigence israélienne, dans le cadre de l'israélisation de l'attitude américaine en général. L'un des points les plus graves du document de Genève est celui qui se rattache à cette question. Si nous prenons en compte le fait que la politique israélienne envers les citoyens arabes de l'Intérieur est issue de la conception de l'Etat Juif, que l'encerclement de la présence arabe est issu de cette conception, toute formulation d'accords, d'initiatives et de règlements qui entérine la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat Juif, mettra notre lutte stratégique en difficulté et poignardera la solution alternative que nous proposons qui est la vision de "l'Etat pour tous les citoyens", qui est un projet démocratique antisioniste. Si notre lutte jusqu'à présent contre les lois et les restrictions liées à la conception de l'Etat Juif, et contre la conception elle-même, s'appuie aussi sur le droit international et les droits de l'homme, l'entérination de la judaïté de l'Etat dans des accords internationaux mettra en difficulté notre lutte et donnera à Israël la possibilité de l'expliquer tel qu'il le souhaite, et accordera une légalité palestinienne, arabe et internationale à l'encerclement de la présence arabe à l'intérieur.

4 - Transfert des colons et des constructions israéliennes à l'intérieur de la ligne verte Dans le cadre de l'application de l'accord de paix entre Israël et l'Egypte, Israël a transféré ses constructions militaires dans la région du Naqab, construisant des aéroports et des bases militaires pour l'armée, au dépens des terres de nos masses dans le Naqab. Des milliers de personnes ont été expulsés de leurs maisons, des dizaines de milliers de dunums ont été confisqués pour cela. Dans la lettre adressée par Bush à Sharon récemment, le président américain a prétendu développer la Galilée et le Naqab, et ce sont deux régions habitées par des citoyens arabes, qui font face de manière constante aux tentatives israéliennes de voler et confisquer leurs terres. La conception israélienne du développement est un processus de judaïsation, de confiscation, de destruction de maisons arabes et d'expulsion de la population. Concernant la région du Naqab, plus précisément, il y a un plan mis au point par Ariel Sharon personnellement, et qui consiste à confisquer 240.000 dunums de terres arabes du Naqab, d'expulser près de 50.000 citoyens arabes, habitant dans plus de 40 villages, considérés par Israël comme des villages non-reconnus, alors qu'ils existent avant la création de l'Etat d'Israël lui-même. Sharon planifie la construction de six agglomérations pour y transférer la population, et celles-ci sont comme des ghettos, privés de terres et de moyens de développement. Nous devons faire attention à ce qu'Israël a l'intention de faire, dans le cadre des règlements politiques, des plans unilatéraux, concernant les transferts de colonies et des constructions militaires, à l'intérieur de la ligne verte pour les implanter sur précisément les terres arabes.

L'attitude vis-à-vis des règlements politiques Par principe et officiellement, presque toutes les forces politiques et la majeure partie de nos masses arabes palestiniennes à l'intérieur adoptent un programme unique vis-à-vis du règlement définitif de la question palestinienne. Il est basé sur la légalité internationale, l'unanimité arabe officielle, et sur ce qui a été convenu d'appeler les constantes nationales palestiniennes. L'attitude vis-à-vis du règlement définitif s'appuie sur la solution des deux Etats, le soutien au droit au retour, et ses principaux articles, selon les programmes des partis arabes, et qui sont :

1 - La fin de l'occupation et le retrait d'Israêl de toutes les régions arabes et palestiniennes occupées jusqu'aux frontières du 4 juin 1967.

2 - Démantèlement de toutes les colonies et la fin de toute présence israélienne dans les territoires occupés.

3 - La création d'un Etat palestinien souverain et indépendant en Cisjordanie et la bande de Gaza, avec al-Quds pour capitale.

4 - Le règlement de la question des réfugiés selon la décision 194 de l'ONU, qui leur accorde le droit de retour ou des compensations.

La position officielle des partis arabes correspond à la position officielle palestinienne telle qu'elle a été formulée par l'OLP et les courants politiques centraux regroupés en son sein. Mais la différence des positions et même les divergences commencent avec les initiatives, les projets de règlement proposés sur la scène politique. En général, la divergence existe entre une opinion qui appelle à soutenir tout accord entre l'autorité nationale palestinienne et le gouvernement israélien, même tout accord ou ententes palestino-israéliennes et le soutien à tout ce qu'accepte l'autorité, même si elle le fait parce qu'elle est contrainte, et cette opinion s'appuie sur le fait que l'Autorité palestinienne représente le peuple palestinien, et donc aucun parti politique arabe à l'intérieur d'Israël ne peut outrepasser ses positions. Cette opinion s'appuie aussi sur le fait que l'assimilation des Arabes dans la vie de l'Etat et de la société en Israël est la voie vers l'égalité, et que l'obstacle à cette assimilation n'est pas l'essence sioniste-juive de l'Etat hébreu, mais l'absence de règlement politique et de paix.

Ces forces politiques affirment de façon générale qu'elles ont des objections à certaines initiatives, mais qu'en fin de compte, elles ne les expriment pas et se contentent de bénir et de soutenir, et même de participer comme cela s'est passé avec la participation arabe de l'intérieur au congrès de soutien à l'initiative de Genève.

De l'autre côté, il y a une attitude différente qui est adoptée essentiellement par le courant nationaliste, et dont le centre est le parti du Rassemblement national démocratique. Cette attitude s'appuie sur le fait que nous faisons partie du mouvement national et nous avons notre opinion sur tout ce qui concerne l'avenir et le destin du peuple palestinien, qui est notre peuple. Cette attitude considère que le peuple palestinien a donné assez de concessions douloureuses dans le cadre de l'appel à une solution moyenne historique, et que les constantes nationales palestiniennes sont une "solution moyenne" et non un point de départ pour de nouvelles solutions moyennes. Il est nécessaire à partir de là de s'accrocher aux constantes nationales palestiniennes, et refuser tous règlements injustes, car ils ignorent le droit du peuple palestinien qui a déjà fait des concessions douloureuses pour parvenir à une solution moyenne historique, et également parce que tout règlement où est imposé un rapport de forces et d'où est absent le minimum de justice et d'égalité ne survivra pas longtemps et s'écroulera tôt ou tard.

L'accord d'Oslo a suscité de vives discussions sur la scène palestinienne et arabe. La plupart des partis arabes de l'intérieur ont soutenu cet accord, et cela en conformité avec la position officielle palestinienne. Mais certains militants politiques se sont opposés à l'accord d'Oslo, ou ont émis des critiques à son égard. Ceux-là ont constitué plus tard le Rassemblement National démocratique en 1996. Avec les difficultés de l'accord d'Oslo, des initiatives et des actions politiques alternatives sont entrées en masse dans la scène politique, suscitant des débats dans la scène arabe de l'intérieur, comme dans le monde arabe d'une manière générale et sur la scène palestinienne, plus spécifiquement. Nous voulons indiquer ici quelques unes de ces initiatives et comment les forces politiques arabes de l'intérieur se sont comportées avec elles :

Camp David 2 A la veille des négociations de Camp David 2, de vives discussions ont eu lieu à l'intérieur. Alors que nombreuses directions politiques des partis arabes ont proclamé leur soutien à tout accord auquel parviendraient les deux parties à Camp David, le Rassemblement National démocratique a mis en garde contre un règlement imposé par Barak et Clinton à la direction palestinienne. Le Rassemblement a fait parvenir son avis à la direction palestinienne, grâce à plusieurs réunions entre dr. Azmi Bishara et le président Arafat. Nous avons clairement dit que Barak va à Camp David sur la base du gain dans tous les cas. Si la direction palestinienne accepte ses conditions, il gagne et si elle refuse, il peut l'accuser qu'elle a manqué une occasion pour la paix et elle sera considérée comme responsable de l'échec. Lors du vote à la Knesset la veille des négociations de Camp David, tous les députés arabes membres de la Knesset ont voté pour Barak, ils ont béni son voyage à Washington et le représentant du Rassemblement à cette époque, dr. Azmi Bishara, était le seul à ne pas soutenir ni bénir Barak pour son voyage vers les négociations de Camp David.

La feuille de route Même si certains partis arabes ont affirmé, sans entrer dans les détails, qu'ils ont des réserves sur le plan de feuille de route, ils ne se sont cependant pas opposés à ce plan, et l'ont même béni d'une manière ou d'une autre. Mais le Rassemblement national démocratique est le parti qui s'est opposé au plan de la feuille de route, tout le long. Cette opposition s'appuie sur le fait que le plan n'est pas équilibré, qu'il est injuste envers le peuple palestinien et qu'il est favorable à Israël. Ce plan est basé sur une logique à l'envers qui pose comme condition la fin de la résistance à l'occupation avant de commencer à parler du devenir de l'occupation. De plus, les articles du plan concernant la partie palestinienne ont été rédigés en termes de contraintes et obligatoires alors qu'en ce qui concerne les engagements israéliens, les paroles sont floues et ouvertes sur plusieurs possibilités, en fonction des négociations. La dernière lettre de Bush à Sharon confirme ce que nous avions dit, l'auteur du plan de la feuille de route l'a expliqué, selon les désirs israéliens, et l'a transformé d'un plan de quartet en un plan israélisé.

L'initiative de Genève L'initiative de Genève a suscité une discussion vive sur la scène palestinienne et arabe, et il en est de même dans la société politique arabe de l'intérieur. Le Front démocratique pour la paix et l'égalité, le parti communiste et d'autres mouvements ont émis des communiqués en saluant l'initiative, en la bénissant, en émettant cependant certaines réserves. Des représentants des groupes parlementaires arabes ont assisté au congrès de Genève proclamant l'intiative, sauf le groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique. Le Rassemblement a exprimé dans de nombreux communiqués, articles et conférences ses vives critiques de l'initiative, mettant en garde contre ses conséquences dangereuses sur le peuple palestinien et ses droits légaux historiques. Et le Rassemblement a expliqué que l'initiative portait des concessions palestiniennes effectives dans un cadre d'un accord fictif, ce qui pousse vers le bas le niveau des exigences palestiniennes dans le cadre de toutes négociations effectives dans l'avenir. Le Rassemblement a critiqué les points soulevés dans le document, comme le reniement des droits de retour des réfugiés, l'acceptation de certaines colonies, les limites imposées à l'Etat palestinien et la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif et un Etat pour les Juifs.

Post-Scriptum : Traduction de l'arabe par R. Ousseiran

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