Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Un comportement Honteux

Chers amis, Nous portons à votre connaissance les faits très graves qui suivent :

Une délégation du collectif d'associations regroupées sous le sigle Résistance Palestine, qui appelle à manifester samedi 9 juillet à Paris contre la venue annoncée d'Ariel Sharon, a été reçue vendredi matin 8 juillet à la Préfecture de Police de Paris, pour signer l'habituel Dépôt de Déclaration de Manifestation, exigé par la législation.

Notre collectif avait effectué une déclaration écrite de manifestation dès le vendredi 24 juin, et le mercredi 29 juin, la préfecture nous confirmait son accord pour le parcours proposé, à savoir de la Place du Châtelet à la Place de l'Opéra.

En nous recevant vendredi matin 8 juillet (Pierre-Yves Salingue du Comité Nanterre Palestine , Nicolas Shahshahani de CAPJPO- EuroPalestine)et Charles Beillard (Abna Philistine), le chef d'Etat Major, Inspecteur général Jean-François Demarais, nous a fait part de son « embarras » face à l'existence de deux déclarations distinctes pour une même manifestation.

Après nous avoir affirmé : "bien entendu vous connaissez les raisons pour lesquelles les autres ont voulu faire une déclaration séparée " et après quelques considérations générales sur "la nécessité d'être vigilants à l'égard de propos douteux qui pourraient être tenus " il a précisé son propos : la police sera samedi « extrêmement attentive » au contenu des banderoles et mots d'ordre de notre cortège, au regard de slogans .. « antisémites » !

Devant notre étonnement, et nos protestations face à un tel procès d'intention (qui vaut tentative d'intimidation pour ne pas dire menaces, quand votre interlocuteur représente directement la force publique), M. Demarais nous a affirmé sans détours que M. Christian Picquet -de la direction de la Ligue Communiste Révolutionnaire, ayant également fait une déclaration de manifestation pour le compte de diverses organisations pour samedi 9 juillet, sur le même parcours et le même thème- lui avait clairement dit que notre cortège était de nature à favoriser l' expression de propos ou pancartes antisémites. En clair, si d'aventure la manifestation de samedi devait être émaillée d'incidents, c'est à vous que ceux-ci seraient imputés, nous a signifié le responsable policier.

Si les propos attribués par M. Demarais à Christian Picquet sont exacts, cela signifierait que des militants et citoyens ayant appelé à protester contre l'invitation faite par Jacques Chirac au criminel de guerre Sharon ont été désignés, par Christian Picquet, en tant que cibles potentielles de la répression de la police de M. Sarkozy

Un tel comportement, en direction d'un représentant de la Préfecture de Police de Paris, une institution qui a pourtant écrit, au XXème siècle, quelques unes des pages les plus noires de l'histoire de la ville, qu'il s'agisse de la livraison aux bourreaux nazis de tant de milliers de Juifs entre 1941 et 1944, ou du massacre de centaines d' Algériens en octobre 1961, serait totalement inacceptable.

Nous l'avons dit en séance à M. Demarais, et nous le redisons ici à toutes les associations et organisations se déclarant soucieuses de promouvoir, en France, la solidarité avec le peuple palestinien : nous ne cédons pas plus aux accusations mensongères d'antisémitisme qu'à l'antisémitisme lui-même.

Nous avons de ce point de vue informé M. Demarais que nous n'hésiterons pas à nous adresser aux tribunaux pour demander réparation de comportements diffamatoires, comme nous l'avons déjà fait, en faisant condamner récemment les auteurs de calomnies.

Dès lors de deux choses l'une : soit cette version des faits est démentie publiquement par Christian Picquet soit chacun en tirera les conséquences et en assumera les responsabilités.

Pour la délégation, Pierre-Yves Salingue, Nicolas Shahshahani, Charles Beillard

Réponse de Christian Piquet et Bernard Ravenel

 

MISE AU POINT DE CHRISTIAN PICQUET ET BERNARD RAVENEL

Dans un libelle intitulé "Un comportement honteux" et diffusé largement sur internet, Nicolas SHAHSHAHANI, Pierre-Yves SALINGUE et Charles BEILLARD prétendent avoir appris, de la bouche du sous-directeur de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris, Monsieur Demarais, qu'ils avaient "été désignés, par Christian PICQUET, en tant que cibles potentielles de la répression de la police de M. Sarkozy".

L'assertion, fondée sur des propos prètés à un responsable policier que nul n'est en état de vérifier, ne mériterait même pas que l'on prenne le temps de s'y arréter si elle ne visait manifestement à générer le trouble parmi les destinataires du courrier.

D'où la nécessité de cette mise au point.

Nous nous sommes tous deux rendus, le mercredi 9 juillet, à la préfecture de police de Paris pour y signer la déclaration légale de la manifestation du 9 juillet, contre l'invitation d'Ariel SHARON en France, contre le mur d'annexion, contre l'occupation des territoires palestiniens. Cette manifestation avait été déclarée, au nom de nombreuses organisations, au lendemain de la réunion du 21 juin du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

A l'occasion de la signature de la déclaration de manifestation, il nous a été confirmé ce que nous avions auparavant appris de diverses sources, à savoir que la CAPJPO/Europalestine et d'autres structures avaient, de leur côté et sur leurs propres bases, déposé une déclaration de manifestation, pour la même date et sur le même parcours. Le sous-directeur de la DOPC nous a fait savoir qu'il était, dans ces conditions, légalement contraint de faire aussi signer à leurs représentants une déclaration. Nous avons donc simplement pris acte du fait que se tiendraient, le samedi 9, deux manifestations sur le mÍme parcours, et indiqué à notre interlocuteur que nous ferions en sorte de gérer cette situation au mieux sur le terrain (ce qui a été fait). Aucune autre considération politique n'a été évoquée.

La CAPJPO/Europalestine a choisi de rompre politiquement, voilà déjà longtemps, avec le cadre unitaire que représente le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Chacun d'entre nous a eu, hélas, suffisamment d'occasions d'exprimer publiquement ses divergences avec cette association pour n'avoir besoin maintenant ni d'ajouter quoi que ce soit à des propos auxquels chacun peut se référer, ni de faire passer des "messages" par l'entremise de la préfecture de police (ce qui n'est pas vraiment dans notre culture).

Nous n'entendons, à présent, nullement entrer dans des polémiques ou des stratégies qui n'aboutiraient qu'à provoquer des tensions voire des violences et marginaliseraient le mouvement de solidarité que le Collectif national unitaire s'efforce de construire pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien, contre le mur qui vise à l'annexion de la Cisjordanie et de Jérusalem, contre l'occupation et la colonisation des territoires palestiniens. Dès l'annonce de la venue en France de SHARON, nous avons pris l'initiative d'une bataille sur ces objectifs, laquelle s'est déjà traduite par la délégation du 7 juillet au Quai-d'Orsay ou par le succès de la manifestation de rue du 9. Elle aura pour prochain temps fort la veillée du 26 juillet, place de la Madeleine, à proximité de l'Elysèe.

Rien ne réussira à nous détourner d'urgences définies en commun par les organisations parties prenantes de cette bataille. Surtout pas des polémiques manœuvriéres ou provocatrices…

Christian PICQUET Bernard RAVENEL

Lettre de Jack Fath du PCN

Sur la manifestation du 9 juillet

D'abord une précision.

Nous participons à l'ensemble des initiatives du « Collectif pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens », et nous sommes présents aux réunions de ce collectif (sauf impossibilités occasionnelles). Il n'y a ni ambiguïté, ni réticence à l'activité unitaire. La formulation que j'ai pu lire : « absence trop fréquente du PCF dans les manifestations unitaires de soutien… » ne correspond pas à la réalité. Je pense que celles et ceux qui participent comme moi aux réunions du Collectif peuvent en témoigner.

Concernant la manifestation du 9 juillet, nous avions signé l'appel collectif et nous avions aussi publié un appel propre au PCF, sur un contenu semblable. Cet appel a été diffusé dans toutes les organisations départementales du parti, pour l'Ile de France, afin d'informer les communistes, de sensibiliser et mobiliser.

Suite aux attentats intervenus à Londres, nous avons décidé de ne pas participer à la manifestation. Il nous est apparu que les conditions nécessaires à une bonne manifestation de protestation contre la politique d'Ariel Sharon, et de solidarité ne pouvaient plus être réunies.

L'expérience montre la difficulté à organiser des initiatives larges qui soient vraiment « représentatives » des sentiments, certainement très majoritaires dans l'opinion publique française, d'inquiétude et de rejet vis-à-vis de la politique des autorités israéliennes. Malgré cela, nous avions décidé de nous engager dans l'initiative unitaire. J'ajoute que nos craintes se nourrissaient aussi de la participation prévue d'Euro-palestine-CAPJPO. Dans le contexte créé par les attentats de Londres nous nous sommes refusés de prendre le risque d'un dérapage, toujours possible et d'ailleurs légitimement redouté par les membres du Collectif. Selon nos informations, cela ne s'est pas produit, et c'est tant mieux.

Nous restons évidemment pleinement partie prenante de l'action unitaire. Nous gardons aussi notre propre vision des choses. Nous souhaitons vraiment sortir d'une situation où les actions collectives restent, en général, peu susceptibles d'élargir un soutien populaire actif. Celui-ci reste à conquérir : tout le monde en a conscience, au sein du Collectif national.

Le PCF a d'ailleurs ses propres initiatives. Nous avons lancé une campagne intitulée « Faisons tomber les murs » qui, sans se limiter au mur d'annexion d'Ariel Sharon, permettra à notre parti, en convergence explicite avec le Collectif national et la Plate-forme des ONG pour la Palestine, d'alimenter l'action de façon très complémentaire.

Cette campagne sera relancée fortement à la Fête de l'Humanité au cours de plusieurs initiatives, en particulier le vendredi 9 septembre à 19 h (stand du Val d'Oise), avec Marie-George Buffet et Leila Shahid.

Jacques Fath Relations internationales

Post-Scriptum : PS : ce texte a été adressé vendredi après-midi au Bureau Politique de la LCR, assorti d'une demande de réaction, restée sans réponse.