Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Un mariage contraint et forcé

Le gouvernement de consensus national qui a aujourd’hui prêté serment devant l’ex-président palestinien Mahmoud Abbas va peut-être sauver le Hamas d’une crise financière étouffante et du lourd fardeau que représente l’administration de Gaza, mais il va dans le même temps affaiblir le mouvement islamique et provoquer des crises internes dans un avenir prévisible.

Il n’y a aucun doute que le siège imposé au mouvement au cours de l’année écoulée - depuis le coup d’État militaire contre le président égyptien élu Muhammad Morsi - a placé le Hamas dans une terrible impasse en raison de la fermeture quasi-permanente du passage de Rafah, de la destruction de plus de mille tunnels qui étaient une bouée de sauvetage pour l’économie de Gaza, et en raison de la vicieuse campagne médiatique égyptienne contre lui.

Le Hamas a placé tous ses œufs dans le panier d’Abbas, en lui faisant toutes les concessions qu’il voulait. Mais le panier d’Abbas est lui-même plein de trous et il est lui-même confronté à une crise grave après l’échec de sa stratégie de négociation avec Israël. Comme le Hamas, il n’a fait que sauter de la poêle dans le feu.

Quand je dis que le Hamas brandit le drapeau blanc et cède à toutes les conditions et exigences d’Abbas, je me réfère à son recul sur trois grands portefeuilles ministériels. En premier le ministère des Affaires étrangères, le Hamas ayant d’abord rejeté la nomination de Riyad al-Maliki mais pour finir par l’accepter sous l’insistance d’Abbas. En second, le ministère des affaires religieuses, pour lequel le Hamas a tenté de présenter un candidat différent de celui pressenti, et enfin le ministère des Affaires des prisonniers, qu’Abbas a liquidé sous la pression israélienne et américaine.

On ne peut donc pas vraiment présenter cela comme un « gouvernement de consensus national » même avec un effort d’imagination et bien que le Hamas ait tout accepté à la dernière minute. C’est plutôt le gouvernement d’Abbas et de son autorité [AP de Ramallah]. Les quatre ministres de Gaza, tous des indépendants, n’ont pas été autorisés à se rendre à Ramallah pour la cérémonie de prestation de serment, à l’exception de Ziad Abu Amra, le ministre de la culture qui était déjà à Ramallah.

Il est difficile d’être optimiste quant à la capacité du gouvernement à remplir sa première grande responsabilité qui est d’organiser des élections présidentielles et législatives à la fin des six prochains mois. La principale raison sont les menaces d’Israël de ne pas reconnaître ou traiter avec le gouvernement, sauf peut-être en échange d’un énorme prix, qui est qu’Abbas lâche totalement ses conditions pour retourner à la table de négociation, y compris la libération d’un quatrième groupe de prisonniers et le gel de la colonisation.

Les déclarations contradictoires des dirigeants et du porte-parole du Hamas dans les dernières heures avant que le gouvernement ne prête serment, révèlent la confusion qui règne dans les rangs du mouvement. Elles révèlent également une claire division entre deux tendances : l’une qui depuis le début du processus de « réconciliation » s’oppose à ce que l’on donne les clefs du gouvernement [de Gaza] à l’Autorité palestinienne de Ramallah et que soit mis en place un gouvernement de consensus en cédant aux conditions d’Abbas, et l’autre qui considère que compte tenu de la crise financière et du siège, le Hamas devrait quitter ses fonctions et revenir à la situation qui prévalait avant 2007 quand il a pris le pouvoir dans la bande de Gaza.

Peut-être est-il trop tôt pour porter un jugement sur ​​le choix fait par le Hamas, mais il ne fait aucun doute qu’Abbas a dicté toutes les conditions et mis un pistolet sur la tempe du mouvement de la résistance islamique. Il leur a dit, soit vous acceptez, soit je tire une balle dans l’accord de « réconciliation ». Le Hamas, ou du moins la tendance dominante en son sein, a préféré accepter les conditions d’Abbas, abandonnant toutes ses objections.

Le gouvernement a été annoncé à 13 heures, juste avant qu’Abbas se rende en Jordanie.

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du site Raialyoum. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

 Vous pouvez consulter cet article à : http://electronicintifada.net/content/hamas-and-abbas-driven-together-desperation/13437

Traduction : Info-Palestine.eu - Naguib

 

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