Gn 15,18. En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant: Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate;
Gn 15,19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens ....  
Des arnaques, on en a connu. mais comme celle-ci: jamais!

 

Un voyage en Palestine occupée par Pierre Stanboul

Itinéraire très facile de Jérusalem à Jénine via Ramallah avec les bus réguliers.
Aucun check-point. Sur les routes de contournement, les colonies aux noms bibliques : Shilo, Eli, Sheve Shomron, Kdumim, Yizhar. L'armée n'est visible qu'à Sheve Shomron.
Nous sommes reçus par la famille de Najet chez qui Sarah a vécu en 2011 au moment de l'assassinat de Juliano. Najet connaît bien plusieurs membres de la 166e mission et se souvient de Saadia, Mokhtar, Faouzia et de notre passage en octobre 2010. Elle connaît aussi Ziad Medoukh avec qui elle a fait ses études en Algérie. Elle habite en plein milieu du camp où alternent les maisons jaunes (reconstruites après le massacre de 2002) et les autres plus anciennes.
Nabil qui nous avait emmené partout dans le camp en 2010 nous reçoit longuement au théâtre. Sa femme est portugaise, ils ont deux enfants, une fille de 6 ans et une autre qui vient de naître.
"Le théâtre va bien. Il a plusieurs générations à présent". La tournée à Paris s'est bien passée malgré le 13 novembre. Les salles étaient pleines et l'accueil chaleureux.
Le théâtre va fêter ses 10 ans en avril. "On veut honorer Juliano, pas en pleurant mais en pratiquant la résistance culturelle". Sur son exécution, la veille, Mikado nous disait la difficulté de ne pas savoir la vérité. Nabil est plus catégorique : il y voit la conjonction d'Israël et de l'Autorité palestinienne pour laquelle il n'a que mépris et dont il dénonce la corruption (il parle de mafia). "Ma génération est perdue mais j'ai grand espoir dans la nouvelle". Il défend à fond la résistance, pas pour mourir mais au contraire pour vivre. L'art en fait partie. "On va raconter notre histoire, donner les clés. Je suis plein d'espoir".
Nabil avait été longuement interrogé par l'Autorité Palestinienne quand il avait monté "la ferme des animaux". Il a été emprisonné 40 jours par les Israéliens dans une minuscule cellule. En chemin pour la prison de Haïfa, il est passé par le village que sa famille a dû fuir lors de la Nakba.
Il a été accusé d'abord d'avoir tué Juliano puis d'avoir apporté des cigarettes à Zakaria Zubeidi ( au jour d'aujourd'hui emprisonné depuis deux ans par l'Autorité palestinienne). Comme les Israéliens s'énervaient de le voir sourire, il leur a répondu : "j'ai besoin de rêver. Rêver c'est être libre". Comme les Israéliens riaient et lui demandaient pourquoi il faisait du théâtre, il a dit : "je fais du théâtre parce qu'il y a occupation. Vous aussi votre projet a d'abord été un rêve. Dans 50 ans, l'occupation, ce sera fini". Il a plaidé coupable lors de son procès pour ne pas retourner en prison.

Sur les relations avec certains habitants du camp, il parle de "hate-love story".
"Quand on parle d'occupation on est aimé, quand on parle des droits des femmes, on est détesté".
Il parle de l'islam,se dit fier d'être musulman, et cite certains textes du Coran : "on ne peut pas juger les gens sans preuve". Et Dieu a dit à Mahomet "si tu as le coeur dur, les gens te fuiront".
Nous avons un échange sur l'Autorité Palestinienne, pour laquelle il n'a que des mots très durs : "je n'accuse pas les gens mais les institutions". Il signale que dans l'Autorité, certains tirent un énorme avantage de la situation. Les Israéliens disent parfois : "si l'AP utilisait son argent correctement, la Palestine serait la Suisse". Face à l'argument que quoiqu'il en soit, les salaires versés par l'AP sont indispensables à de très nombreuses familles, Nabil ne demande pas de l'argent pour les Palestiniens, il cite le proverbe chinois : "ne me donnez pas le poisson, apprenez-moi à le pêcher".
Il nous parle du théâtre qui monte la pièce "le siège", de celle en préparation "l'examen de maths", de ses ressources complètement indépendantes des institutions (l'aide des associations étrangères, notamment celle de France est très importante).
"L'assassin de Juliano pensait tuer le théâtre, il s'est trompé". Le théâtre coopère avec un théâtre indien du même genre dont le fondateur a été assassiné et le théâtre a mis en scène cet assassinat.
On échange sur le BDS et en particulier sur le BDS culturel. Nabil est à fond pour "tant que l'apartheid ne sera pas tombé". Il explique que Juliano aussi était pour les actions collectives et pour le boycott. Il cite Ilan Pappé. Pour la situation actuelle, il refuse le mot conflit : c'est une occupation.

"Le théâtre sert à rappeler la mémoire de ceux qui ont été expulsés".
Et puis Najet a parlé de sa famille. Son père est issu d'une tribu de Bédouins Turkmènes du village d'Al Mensi à 27 Km de Haïfa et avait 7 ans au moment de la Nakba. Il a raconté son départ à pied et sans chaussure jusqu'à Jénine. Les forces armées des pays arabes coalisés avaient dit : "partez, vous reviendrez vite"..
L'ONU a "loué" pour 100 ans à un riche féodal palestinien le terrain sur lequel a été construit le camp de Jénine. Les habitants (2000 au départ, 16000 aujourd'hui) ont vécu sous tente jusqu'en 1953. Ils ont construit eux-mêmes leurs maisons. Les relations n'ont pas toujours été simples avec les habitants de la ville qui n'étaient pas réfugiés. Les réfugiés n'ont jamais possédé de terre.
Le père qui a pu tardivement aller à l'école est parti enseigner en Algérie (Tizi Ouzou) en 1964.. C'est là que Najet et ses soeurs également francophone sont nées.
Mais du coup, comme la famille n'était pas à Jénine en 1967, elle a perdu son droit à revenir en Cisjordanie. A partir de 1975, elle obtiendra des autorisations partielles de revenir (durée limitée et seulement une partie de la famille). Le retour se fera ... en 1997.
5 ans après, c'est le grand massacre commis en avril 2002 par l'armée de Sharon dont Najet garde des souvenirs terribles.
Une fille de Najet qui avait besoin d'une transplantation cardiaque est morte (à 13 ans) en 2013. L'Autorité Palestinienne avait dit que payer pour cela, c'était "jeter de l'eau par la fenêtre". Le mari de Najet handicapé aurait besoin d'une prothèse. Là encore refus de payer pour qu'il soit soigné à l'étranger.
On comprend que la famille de Najet soit critique sur l'AP et sur l'état de la médecine palestinienne.
 
Dans le camp, un peu partout les effigies des "martyrs".
Parmi eux, un membre de la famille tué à 23 ans (juin 2015). Sur une autre photo, il est avec son équipe de football.
 

Al Mas'ara

C'est un petit village de 1000 habitants à quelques Km de Béthléem. Sur la route, on est dévié par une route coupée (par l'armée). On passe au pied du mont Hérodion (mausolée du roi Hérode dominant le désert de Judée et devenu parc national israélien). On frôle la colonie de Tekoa (où vit Lieberman) et celle de Nigdim (où ont été relogés les colons de Gaza). On était venu ici avec la 166ème mission. C'est Mahmoud qui nous avait fait visiter le village où se trouve un des comités populaires. Mahmoud n'est plus là (il est depuis 8 mois en Angleterre pour finir une thèse en droit international) mais on est logé dans sa famille.

D'Al Masara, on voit de nombreuses colonies : Efrat, Gilo, Tekoa et on réalise comment Bethléem est encerclé. Ici on est en zone rurale. La plupart des femmes sont diplômées mais il n'y a pas de travail pour elles. Elles sont dans les champs, font de l'artisanat et élèvent de nombreuses familles.
H qui nous fait visiter le village est professeur d'histoire à Beit Fajar à quelques Km de là. L'école a vécu des moments dramatiques : deux enfants de son école ont été tués. Un bébé de 8 mois a succombé aux gaz lacrymogènes. "Tous les jours, les jeunes veulent en découdre avec les Israéliens. Il n'y a pas de différence entre garçons et filles. Les femmes s'habillent comme les hommes pour combattre. Les jeunes ne font plus attention dans les manifestations, ils n'ont plus rien à perdre. Les familles sont pauvres, pourquoi vivre ?" Il y a une difficulté à enseigner depuis quelques années et une nette perte de concentration.

Un conducteur de bus a été arrêté à un check-point volant. alors qu'il avait les mains sur la tête, il a été frappé et blessé.

H qui est doux, tolérant, non-violent a fait deux ans de prison (2007-2009) parce que les Israéliens n'aimaient pas l'histoire qu'il enseignait. Son arrestation a été violente, ils ont tout cassé chez lui et pendant 3 mois, sa femme ne savait pas où il était. Il a tenu le coup en pensant à sa famille.
Il lui arrive d'être arrêté une heure ou deux à un check-point. Le harcèlement est de plus en plus présent. Parfois, les soldats glissent un couteau dans les affaires de ceux qui sont contrôlés pour les arrêter.
Nos hôtes sont formels : le droit à la résistance fait partie du droit international. Avoir un couteau n'est pas un délit.
Après la tuerie du 13 novembre à Paris, les élèves de l'école ont défilé avec des drapeaux palestiniens et français.
Quand on interroge H sur l'avenir, les critiques fusent sur l'Autorité palestinienne qui ne veut pas rompre avec Israël.
Nous évoquons un projet concret de jumelage du collège de H et d'un collège français. Le projet semble réalisable, H y tient beaucoup.
Dans la visite du village, nous voyons la grotte où un dirigeant palestinien, Abdelkader Husseini, blessé en 1947, a été soigné. Il sera tué par les Israéliens l'année suivante.
Le village est à cheval sur les zones B et C. Les hommes qui ont du travail ont des salaires très faibles, ils complètent souvent en travaillant la terre. Dans un village voisin, il n'y a pas le mur et la colonie commence de l'autre côté de la rue.
Béthléem est en zone A mais le campus de l'université payé par la coopération internationale est en zone C et a été fermé;
Il y a un Palestinien riche dans la région, il possède une usine de pierres pour la construction.
Il y a actuellement 20 prisonniers à Al Mas'ara (pour 1000 hab) dont un condamné à la prison à vie.
Dans une autre famille, nous aurons une discussion assez représentative : notre hôte pense qu'il n'y a aucun problème entre musulmans et chrétiens, que le Saint-Sépulcre est aussi un lieu saint pour lui. Par contre, pas question de vivre avec les Juifs, ils doivent partir, la Palestine est "notre"' terre. H n'est pas d'accord. Pour lui, il faut en finir avec l'occupation et ce gouvernement israélien mais il n'a rien contre les Juifs. Notre hôte été assez scotché en découvrant que j'étais juif. Il a salué chaleureusement notre présence.
En même temps, nous apprendrons qu'un Israélien anticolonialiste connu a aidé à poser des canalisations dans le village. Il faut dire qu'à plusieurs reprises l'été, les Israéliens ont coupé l'eau (une fois pendant 4 mois) pour la réserver aux colons. Le village a été sauvé par son puits.
Nous visitons le centre culturel du village avec son nouveau jardin d'enfant. Il permet aussi de réunir les familles.
Nous arrivons chez J, responsable du comité populaire. Il nous explique qu'au-delà du comité local, il y a une coordination des principaux villages en lutte qui se réunit à Ramallah. Ce n'est pas toujours la même personne du village qui va à la coordination.
Jusqu'à présent, les manifestations étaient calmes mais maintenant les colons attaquent. Parfois la manifestation se délocalise à Béthléem. Une fois, une balle a frôlé le visage de J. C'est un colon qui, tout en roulant avait ouvert le feu sur une manifestation. Personne ne juge ces criminels que le gouvernement israélien a armés;
La discussion vient sur les Palestiniens qui profitent de l'occupation parce qu'ils commercent avec les Israéliens ou parce qu'ils trafiquent. Le fait d'être un mouchard devient une fierté. L'occupation gangrène la société.
Après deux intifadas, les gens ont perdu espoir. Le centre culturel permet de retisser des liens. Les manifestations partent de là. Le village a un projet touristique pour que les visiteurs découvrent aussi les colonies. Les manifestations hebdomadaires continuent, c'est indispensable.
J pense que le gouvernement israélien a échoué dans sa promesse d'apporter la sécurité d'autant que c'est à Jérusalem que les attaques se passent. Il espère beaucoup du BDS et est au courant de tous ses nouveaux succès. Il conclue que les Israéliens perdent leur humanité.

Hébron (Al Khalill) les deux voulant dire "amitié" !!!

On a beau y avoir déjà été. On a beau avoir lu, avoir vu des vidéos, c'est de loin le pire de tout ce que nous avons vu depuis notre arrivée en Palestine. On est immédiatement saisi par l'effroi,l'émotion et la colère.

En arrivant de Béthléem, tout semble normal. Pas de check-point, l'usine des souffleurs de verre qui ont fait la réputation de la ville fonctionne normalement.

Et juste à l'entrée de la vieille ville, apparaissent les premiers blocs de béton qui interdisent l'entrée de la rue Shaouda.

Quelques chiffres : 200000 habitants à Hébron (250000 dans les district). 25000 réfugiés dans deux camps et 30000 autres dans le reste de la ville. 700 colons dans la vieille ville, fanatiques et armés. Et 2000 soldats pour les "protéger". Pour les seconder dans leurs agressions seraient plus juste. En tout 20000 colons dans le district d'Hébron, la plus grosse colonie étant Kiriat Arba. Depuis le début octobre, 55 Palestiniens ont été tués dans le district d'Hébron.

Nous sommes accueillis à "Youth against settlements" (la jeunesse contre les colonies). C'est M qui va nous emmener dans la vieille ville. D'autres internationaux se joignent à nous.

La vieille ville est H2, zone C. Les colons sont arrivés en 1983. Ils ont d'abord occupé des maisons vides avant de s'emparer de tout le centre historique. Après le massacre de 1994 dans le caveau des Patriarches, Hébron a été divisé en secteurs et des check-points sont apparus partout. Il y en a une vingtaine sur 1 Km. Au lieu de s'en prendre aux colons, Rabin s'en est pris à la population d'Hébron.

Il y avait autrefois 50000 habitants dans la vieille ville. Il en reste 5000 avec 1800 magasins fermés et 500 aux portes soudées. Les deux colonies du centre sont Beit Hadassa et Beit Romano.

Très vite, nous avons le spectacle des ordures balancées sur la rue commerçante tant bien que mal protégée par des filets. Ils jettent des bouteilles, du liquide, des ordures ménagères. Des parties entières du souk sont fermées : le marché de l'or, celui des bouchers, des poulets.

Nous visitons une maison vieille de 200 ans qui jouxte la colonie. Une fillette qui dormait près de la fenêtre a été blessée par une bouteille, une autre par des pierres jetées par des colons.

Nous rencontrons un autre militant de "youth against settlements" qui est francophone. La discussion vient sur les événements d'Hébron en 1929. Il nous parle de la bonne entente entre Juifs et Musulmans avant l'arrivée des sionistes, du rôle que les Juifs ont joué dans l'économie locale (le verre, le savon). Il nous montre un porche de maison avec l'étoile de David. Il attribue la responsabilité des évènements d'Hébron (22 morts côté palestinien et 69 côté juif) à la Haganah. Il nous dit qu'Israël interdit aux descendants des Juifs d d'Hébron de venir vivre là où étaient leurs ancêtres au milieu des Palestiniens. S'ils viennent, c'est forcément dans une colonie.

Pour la première fois en Palestine, nous voyons des commerçants ruinés, sans clients (car les issues de cette partie du souk sont fermées) nous suppliant d'acheter quelque chose.

Il y a des équipes sportives à Hébron. Pour pouvoir sortir et jouer dans des pays arabes, l'équipe d'Hébron a dû faire intervenir un Sud-Africain de la FIFA.

Nous visitons la mosquée d'Abraham, superbe bâtiment. Il y a un grand check-point puis un autre (tenu par des soldats falachas) pour entrer dans la mosquée. Aujourd'hui les 2/3 de la mosquée ont été transformés en synagogue. 10 jours par an la mosquée est entièrement pour les Juifs, le quartier est alors complètement bouclé. Les soldats entrent alors dans la mosquée avec leurs chaussures et leurs armes. 10 jours par an, elle est pour les musulmans mais c'est rarement respecté.

Quand Baruch Goldstein a commis le massacre en 1994 (29 morts, 150 blessés), l'armée a empêché les secours d'intervenir. Les gens présents ont porté les cadavres sur leurs épaules.

Sans M, mais avec une internationale qui vit à Hébron, nous faisons quelques pas dans la partie israélienne. "Welcome in Israël" nous crie un colon.

Nous croisons les gens de TIPH (Temporary international presence in the city of Hebron).. Ce sont des agents gouvernementaux de 6 pays (Suède, Danemark, Norvège, Suisse, Italie, Turquie) chargés de surveiller ce qui se passe. Les internationaux ne les aiment pas. Ils vivent dans de grands hôtels et n'interviennent jamais quand il y a des exactions. Ils ne protègent personne. Leurs rapports confidentiels ne sont pas publiés.

Nous sommes reçus par I, principal responsable de "youth against settlements".

Ils ont plusieurs activités : -- la campagne pour l'ouverture de la rue Shaouda. Il y aura le 26 février des manifestations et des expositions partout dans le monde pour cette ouverture. -- de la documentation sur les droits de l'homme et des vidéos (I est critique sur le PCHR. Il trouve qu'ils restent dans leurs bureaux et ne viennent pas sur le terrain. -- Des tours et des visites de la vieille ville avec possibilité (ce que nous faisons) de dormir chez l'habitant dans une "guest house" de la vieille ville. -- La campagne Samidoun : aider les Palestiniens de la zone fermée à réhabiliter leurs maisons pour pouvoir y rester. -- Le centre de Sumud avec des centres communautaires et des jardins d'enfants. -- des actions de protection.

L'association ne vit que de donations. Elle est totalement indépendante de l'Autorité palestinienne, des partis politiques. Elle prône la résistance non-violente. Elle a été créée en 2007 et I considère que la situation est 10 fois pire aujourd'hui. Les colons violents sont de plus en plus nombreux. Il espère que la communauté internationale finira par sanctionner ce gouvernement d'extrême droite. Il pense que le BDS ne suffit pas. Le mouvement de solidarité français doit être uni et s'adresser également aux dirigeants politiques, aux journalistes. Il est pour le lobbying. Le débat un Etat/deux Etats lui paraît déconnecté de la réalité. Il insiste sur les buts de la lutte : l'égalité des droits pour tous et l'autodétermination. Il pense qu'on devrait utiliser les mêmes moyens que les sionistes qui intimident systématiquement quiconque critique Israël. Lui-même prend l'identité de soldats ou de colons violents et les attaque sur leur page facebook.

Nous allons voir les 8 volontaires d'ISM (International Solidarity Movement) dans leur appartement. Ils avaient un autre appartement dans la vieille ville et ont été expulsés parce que, de leur fenêtre, ils voyaient trop de choses. Ils ont porté plainte sans résultat. Ce sont des jeunes venus de plusieurs pays (Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Danemark). Ils sont témoins du harcèlement quotidien de la population, des humiliations. Les Palestiniens vivent dans la peur et ne peuvent mener une vie normale. Hébron est une prison sans argent. Les Israéliens ont tiré sur une jeune fille. Les femmes sont harcelés et, dans la coutume palestinienne, ça met hors d'eux les jeunes qui se sentent le devoir de les défendre.

Aucun écolier ne peut aller normalement à l'école. Le gouvernement israélien s'en prend aux militants.

ISM accompagne les enfants à l'école. Israël demande à ISM de ne pas rester aux check-points sous peine d'arrestation. Les colons sont armés, leurs enfants attaquent les enfants palestiniens. Des organisations humanitaires sont parties parce que c'est trop dangereux. ISM s'occupe de 3 écoles et d'un jardin d'enfants. Sans leur présence, les parents ne laisseraient pas les enfants partir seuls. Ils prennent des photos. Chaque fois qu'il y a un meurtre, les Israéliens nettoient immédiatement l'endroit. Il y a une fausse ambulance conduite par un colon qui arrive toujours la première quand il y a un crime. Les colons ont les armes, le fanatisme religieux et le soutien du gouvernement. Ils n'ont pas peur des internationaux. Une vidéo montre une femme colon H. Cohen giflant une membre d'ISM qui ne peut pas répondre car les soldats sont à côté. Les soldats ont peur des colons. Ceux-ci ont placarder des appels pour s'en prendre aux Internationaux, forcément antisémites.

Ce soir, nous dormons dans une maison de la vieille ville qui a 900 ans. La première maison israélienne est à 3m. L'armée est juste au-dessus, son spot sera allumé toute la nuit..